03 avril 2019

La mystèrieuse Doralis


Durant les premières années du XIXe siècle apparaît, dans la ville de Pont-de-Beauvoisin, une mystérieuse femme prénommée Doralis.

C'est précisément le 22 octobre 1811 que Doralis Rozi est mentionnée pour la première fois. En ce jour Françoise Julien, en sa qualité de sage-femme, déclare la naissance de Pierre, un enfant naturel « né de dame Doralis Rozi couturière en cette ville ».

Près de deux années plus tard, c'est un autre garçon prénommé François qui est présenté à l'officier d'état-civil de Pont-de-Beauvoisin, le 9 août 1813. L'enfant est né la veille, ainsi que l'assurent les témoins. Et les registres de la ville contiennent encore deux actes semblables : les naissances de Magdeleine, le 10 août 1816 et d'Anne, le 12 août 1818. 

Tous les quatre sont présentés comme enfants naturels de Doralis Rozi. En revanche aucune information n'est transmise à propos de l'identité de leur mère. Son âge, son lieu de naissance ou sa filiation ne sont pas précisés. La seule information concerne sa profession : elle est couturière à Pont-de-Beauvoisin, entre 1811 et 1818.

Ce manque d'informations est identique à la lecture des actes de mariage des enfants de Doralis. Si Pierre et Anne décèdent encore jeunes, Magdeleine épouse le 7 novembre 1837, à Vaulx-en-Velin, Gaspard Schneider. Lui est employé à l'octroi de Lyon (une taxe perçue par la ville sur les marchandises importées). Magdeleine, qui exerce la profession d'ouvrière en soie, est désignée comme « fille majeure et naturelle de Doralis Rozy absente et sans nouvelles depuis plus de vingt ans ».

Extrait de l'acte de mariage de Gaspard Schneider et Magdeleine Rozy.

Quant à François, il épouse le 26 avril 1842, à Lyon, Jeanne Antoinette Giraudier. Il est teneur de livres, une fonction proche de celle qu'exercent les comptables actuels. L'époux est ainsi présenté : « François Rozi né au Pont-de-Beauvoisin, arrondissement de Bourgoin (Isère) le neuf août 1813, teneur de livres demeurant à Lyon rue des Capucins n°3, fils majeur de Doralis Rozi qu'il n'a jamais connue ».

Les registres d'état-civil ne livrent donc aucun indice permettant de retrouver la trace de Doralis. Elle aurait même disparu peu de temps après la naissance de sa fille cadette et ses enfants semblent ne l'avoir jamais connue.

La mystérieuse Doralis disparut aussi vite qu'elle apparut et l'état-civil n'a conservé sur ces pages que la mention de son prénom bien original.


Sources : archives départementales de l'Isère (état-civil de Pont-de-Beauvoisin), archives municipales de Lyon (état-civil) et archives départementales du Rhône (état-civil de Vaulx-en-Velin) ; Illustration : Le Pont-de-Beauvoisin, Henri Chanet, 1845

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5 commentaires:

  1. Elle porte un joli prénom rare, on l’imagine très belle. Aura-t-elle été une bonne mère... qui le sait …

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  2. Ce prénom pourrait être d'origine grec, venait elle de Grèce ?

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    1. Pourquoi mon nom n'apparaît pas ?

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    2. Il y a peu d'informations en ligne à propos de ce prénom fort rare. Concernant votre identification, il faut que vous soyez connecté à votre compte Google pour qu'il apparaisse, ou bien le renseigner lors de la saisie de votre commentaire.

      A bientôt,
      Mickaël

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  3. Pas de dossier "enfants abandonnés"? Le prénom avec un I ou un Y a semble t il beaucoup plu en Seine-Maritime… (cf. Geneanet). Bonnes recherches

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