27 octobre 2020

Les archives des justices de paix : un conseil de famille



Les archives des justices de paix contiennent les procédures qui sont dites gracieuses, c'est à dire lorsqu'il n'y avait ni délit, ni adversaire. Parmi ces procédures, les conseils de famille seront particulièrement intéressants, puisqu'ils peuvent permettre de reconstituer des filiations au sein d'une famille.


Une délibération de famille

En 1881, Annette Roulet, suite au décès de son époux, François Bel, cultivateur à Saint-Geoire-en-Valdaine, soumettait une requête au juge de paix du canton, afin d'élire un subrogé tuteur à ses deux enfants mineurs, François et Marie.

Des membres de la famille furent ainsi convoqués à la date du 12 juin : du côté paternel, Laurent Bel et Joseph Bel, oncles des enfants, ainsi que François Brillier, oncle par alliance des mineurs ; du côté maternel se furent Annette Roulet, leur mère, Benoit Roulet, leur grand-père et enfin Joseph Gallien-Lamarche, cousin germain des enfants. Tous étaient cultivateurs. Après délibération, le conseil prit des décisions importantes pour l'avenir de cette famille. Joseph Bel, oncle des mineurs, fut nommé à la charge de subrogé tuteur et en accepta la charge. 

De plus, devant le peu de valeur des biens laissés par le défunt, et malgré son commun ménage avec son beau-père, sa veuve fut dispensée de faire dresser un inventaire et fut autorisée à disposer de ces biens selon sa volonté. Une note sur les biens laissés par François Bel, au moment de son décès, est ensuite jointe au conseil de famille et nous permet de découvrir une petite partie de leur intimité.


Note des objets délaissés par le défunt :

1° deux vaches et une génisse, estimées à 460 francs

2° un avant train de charrue, 25 francs

3° une paire de boucles, 10 francs

4° une pelle, un trident et deux fourchettes, 4 francs

5° une paire de marteaux pour la faulx, 3 francs

6° une faulx, estimée à 2 francs

7° trois chaises, 10 francs

8° une beurrière, estimée à 25 francs

9° un lit en fer, estimé à 15 francs

10° un essaim, 4 francs

11° un sceau et une lanterne, 4 francs

12° une montre en argent, estimée à 20 francs

13° onze chemises neuves en toile, 55 francs

14° trente kilos de chanvre teillé, 25 francs

15° douze cent kilos de bauche*, 40 francs

16° trois sacs, 2 francs

Total de sept cent francs. Les draps, les couvertures, le linge et les vêtements du défunt ont été vendus, ou plutôt donnés, au marchand de chiffons.

*La bauche est une herbe fauchée dans les marais, notamment en Chartreuse et utilisée comme litière pour le bétail.


Les actes de mariage, dans l'état civil, donnent parfois les références de ces conseils de famille, les avez-vous également recherchés ?


Source : Archives départementales de l'Isère, fonds de la justice de paix du canton de Saint-Geoire-en-Valdaine, actes civils 1881-1884 (cote 9U2002)
Illustration : pixabay .com

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23 octobre 2020

Les archives des justices de paix : l'incendie du Chuzeau


Les archives des justices de paix peuvent s'avérer riches en renseignements pour qui voudrait découvrir la vie de ses ancêtres. Cette justice, qui exista dans chaque canton jusqu'à la fin des années 50, avait une fonction première de conciliation afin d'éviter les charges d'éventuels procès.

Les justices de paix étaient donc au plus proche de la vie de nos ancêtres, puisqu'elles devaient régler les litiges et les petits délits de la vie quotidienne. Il est possible également de retrouver dans ces archives des déclarations de pertes dues à des calamités agricoles, épizootiques ou à des incendies. 


L'incendie du Chuzeau

Victor Jules Duc-Dodon, juge de paix du canton de La Côte-Saint-André, ainsi que son greffier, Joseph Carcel, eurent à rédiger pas moins de neuf déclarations entre le 28 novembre 1882 et le 2 décembre suivant. Toutes avaient pour cause un départ de feu, survenu le 27 novembre en début d'après midi, dans la maison de Nicolas Mange située au faubourg du Chuzeau. Malgré les secours des voisins, le feu réussit à se propager rapidement à de nombreuses maisons contigües. Ce violent incendie dura près de deux heures et finit par être maitrisé par les pompiers de la ville, venus renforcer les habitants. 

La liste des victimes :

Jean Joseph Brunaz, cultivateur, qui travaillait dans le jardin de monsieur Guttin au moment du sinistre : sa maison et son mobilier furent entièrement détruits. Pertes évaluées à 8600 francs. 

Pierre Buyat, épicier, qui dînait chez lui lorsque l'incendie éclata : la toiture de sa maison, une grande partie de son mobilier et de ses marchandises furent avariés. Pertes estimées à 1200 francs.

Jean-Baptiste Guillon, propriétaire, qui était employé chez monsieur Rocher au moment de l'incendie : sa maison et ses effets mobiliers furent détruits. Pertes estimées à 5300 francs.

Joseph Armanet, propriétaire, travaillait alors dans la remise de monsieur Rocher : sa maison et son mobilier furent détruits, à l'exception de quelques objets qui ont été sauvés mais avariés. Pertes estimées à 3700 francs.

Jean-Baptiste Boyet, cultivateur, qui était dans la plaine lors de l'incendie : le feu a détruit une partie des toitures de sa maison d'habitation et de son bâtiment d'exploitation, endommagé de nombreux meubles qui y étaient renfermés et dont certains furent entièrement détruits. Les pertes sont évaluées à 2600 francs. 

Joseph Mange, propriétaire et cultivateur : les bâtiments d'habitation et d'exploitation de son père, Nicolas Mange, furent entièrement détruits, ainsi que tous les objets qu'ils renfermaient. Les pertes sont estimées à 1330 francs. 

Joseph Duc-Bourru, garde champêtre de la commune de La Côte-Saint-André : pour maîtriser l'incendie, déjà propagé à diverses maisons et qui menaçait d'en envelopper encore plus, les habitants qui avaient accourus avec empressement sur les lieux, décidèrent de monter sur la toiture de sa maison, afin de briser des tuiles et d'en abattre la cheminée. Les pertes sont estimées à 60 francs. 

Pierre Hugonin, ancien facteur, mandataire de sa sœur Marguerite Hugonin, rentière domiciliée à Voiron : la maison de sa sœur fut entièrement détruite, ainsi que le mobilier qu'elle renfermait. Les pertes sont évaluées à 2000 francs. 

Nicolas Mange, propriétaire et cultivateur, venant compléter la déclaration précédente de son fils : le feu a entièrement détruit sa maison d'habitation et ses bâtiments d'exploitation, ainsi que tous les effets mobiliers, outils d'agriculture, provisions de ménage, vins et autres denrées qui y étaient renfermés. Les pertes sont évaluées à 6500 francs. Il ajoute qu'étant à travailler dans la plaine, depuis sept heures du matin, il ne saurait indiquer les causes de cet incendie que rien ne laissait envisager. 


Avez-vous également découverts des sinistres que vos ancêtres ont du affronter ?


Source : Archives départementales de l'Isère, fonds de la justice de paix du canton de La Côte-Saint-André, actes et jugements civils 1882-1883 (cote 9U490)
Illustration : pixabay .com

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03 avril 2020

Un nouveau site pour les Archives départementales de l'Isère


Les Archives départementales de l'Isère promettent une année riche en nouveautés. Tout d'abord un déménagement, prévu pour le dernier trimestre 2020, dans un nouveau bâtiment situé à Saint-Martin-d'Hères, actuellement en finalisation de construction. Ce changement de locaux s'accompagne d'ailleurs d'un dépoussiérage complet des fonds conservés, d'où l'indisponibilité momentanée de certains documents d'archives.

En plus de ce changement, qui devrait simplifier le quotidien des archivistes et des usagers, les AD viennent de publier une refonte intégrale de leur site Internet. A noter parmi les nouveautés : de nouveaux instruments de recherche et une aide à la recherche classée par sujets.

Le menu du nouveau site Internet


1/ Le menu


Qui sommes-nous ?
- Présentation des AD et de leur historique,
- Contient toutes les informations pratiques nécessaires : accès, coordonnées, horaires, réservation de document,
- Liens pour vous abonner ou consulter "Chroniques d'archives", la lettre d'information mensuelle des AD.

Accès aux fiches d'aide à la recherche

Préparer sa recherche
- La rubrique "Pour vous aider" : une aide à la recherche classée par sujets,
- Accès au cadre de classement des AD : ces instruments de recherche vous permettront notamment la recherche de cotes, voir infra,
- Fonctionnement des salles : salle des inventaire et salle de lecture,
- Réservation de documents d'archives,
- Informations sur les reproductions et réutilisations des documents.

Voir les documents numérisés
- Donne l'accès aux archives en ligne : registres paroissiaux et d'état civil, registres matricules militaires, recensements de population, etc. ...

Apprendre avec les archives
- Présentation des ateliers d'initiation organisés par les AD,
- Présentation du service éducatif, qui organise notamment des visites pour les écoles.

Et vos archives ?
- Informations à destination des administrations, communes, notaires, mais également des particuliers, et visant le versement de leurs archives.

Événements 
- Lien vers l'agenda et les actualités des AD.

La page d'accueil 


2/ La page d'accueil


La page d'accueil a fait peau neuve : actualités des AD, raccourcis (demande de recherche, abonnement à la newsletter, horaires et contact), liens rapides vers les instruments de recherche, classés par sujets, ainsi que vers les archives numérisées.

Liens vers les archives numérisées


3/ Les instruments de recherche


Un nouveauté majeure pour les AD de l'Isère : la mise en ligne d'inventaires, plus nombreux et plus accessibles. Ils permettent - outre le fait de découvrir la richesse des fonds - de gagner du temps lors de vos visites, en identifiant à l'avance les cotes des documents d'archives à consulter. Ces instruments de recherche sont accessibles via le menu "Préparer sa recherche" ou grâce aux raccourcis de la page d'accueil, classés par thème.

Raccourcis vers les instruments de recherche

L'arborescence des instruments de recherche reprend le cadre de classement des archives. Pour accéder, par exemple, à l'inventaire de la sous-série 88 J, qui concerne les registres de catholicité déposés par l'évêché de Grenoble, choisissez : "Archives privées" - puis "Série J" et enfin "Cultes et paroisses". Si vous recherchez les tables des décès et successions, ou les déclarations de mutations par décès, choisissez : "De 1800 à nos jours" - "Domaines, enregistrement et hypothèques (séries Q et W)" puis "Enregistrement et Timbre (sous-série 3Q et série W)".


Exemple d'utilisation des instruments de recherche


En plus de ces nouveautés, les Archives départementales de l'Isère annoncent de nouvelles archives numérisées, qui devraient être disponibles dans les mois prochains. Pour découvrir le nouveau site Internet : suivez ce lien.


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19 juillet 2019

Des prénoms presque oubliés




Qu'ils nous émerveillent ou qu'ils nous consternent, certains choix de prénoms nous font encore réagir. Si aujourd'hui ce choix est libre, nos ancêtres avaient moins de libertés. Et pourtant certains parents se démarquaient déjà par leur originalité.

Archangélique
Un prénom fort rare. L'équivalent masculin est à peine plus porté : depuis 1900, moins de cinq Archange naissent en moyenne, chaque année, en France. Le féminin "Archangélique" était porté aux XVIIIe et XIXe siècles.

Emeraude 
Un dérivé du prénom Esmeralda. Dans la province du Dauphiné il était également orthographié, du XVIe au XVIIIe siècle, sous la forme "Meraude".

Acte de mariage d'un Mathelin et d'une Emeraude (RP de Gillonnay, 1728)

Félicité
Moins de dix Félicité naissent chaque année : de nos jours les équivalents masculins de Félix ou Félicien, qui ont la même origine, sont beaucoup plus fréquents.

Mathelin et Mathurin
Deux prénoms dérivés de Mathieu qu'il n'est pas rare de rencontrer dans les archives des XVIIe et XVIIIe siècles. Le prénom Mathurin a, semble t-il, beaucoup plu au début des années 2000.

Signature d'une Phanélie (EC de Chantelouve, 1874)

Phanélie 
Ce prénom, également orthographié "Fanélie", semble apparaître à la fin du XVIIIe siècle sur l'archipel des Mascareignes (île de La Réunion, île Maurice). Une quinzaine de "Fanélie" voient le jour chaque année.

Théodorine 
Ce prénom porté par nos aïeules est devenu rare : d'après l'Insee, depuis la fin des années 30, il n'a plus été donné en France.

Signature d'une Théodorine (EC de La Bâtie-Divisin, 1887)


Quels sont vos prénoms préférés parmi ceux donnés à vos ancêtres ?
Préférez-vous Phanélie ou Emeraude ?


Source : Fichier des prénoms de l'Insee
Illustration : Archives départementales de l'Isère, registres paroissiaux de Gillonnay, état civil de La Bâtie-Divisin et de Chantelouve ; Archives municipales de Grenoble, tables décennales de Grenoble
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03 avril 2019